Journée épique de retour sur Ollantaytambo!

Publié le par Moustikus

      Je résume l'épisode précédent: Nous sommes à Aguas Calientes et nous voulons retourner sur Ollantaytambo visiter les ruines, et accessoirement récupérer les 3/4 de nos affaires laissées sur place dans un hôtel. Les infos obtenues la veille: train à 5h45, 1h30 de trajet, 33$, il reste de la place.

         Ce matin donc, réveil à 4h pour être à 4h45 à la gare pour acheter nos billets. Mauvaise surprise, à laquelle on s'attendait presque, ce train-là est complet... pour les gringos en tout cas, car le wagon péruvien n'est pas plein LUI!! Prochain train? Oh ben à 8h30 et 46$ Messieurs Dames... Le guichetier est complètement intègre, impossible même d'obtenir le tarif "résidents" qui est le même que celui des Péruviens car nous ne sommes pas en possession d'une carte verte; les tampons d'il y a trois mois sur nos passeports n'y font rien. On cogite une demie-heure (oui, il est très tôt...!) et puis on décide de dire un gros FUCK à Peru Rail qui décidemment croit que nous roulons sur l'or et cherche à nous arnaquer. On rentrera pas dans ce système que nous ne soutenons pas. Je pète littéralement un cable... la fatigue, ma colère contre ce système de merde qui considère avant tout les touristes étrangers comme des dollars ambulants, et aussi la journée de galère qui nous attend alors que je m'étais imaginé une journée peinarde dans les ruines d'Ollantaytambo.
         On achète du gateau et du maté de coca à une dame histoire de se remplir un peu l'estomac. On demande autour de nous comment se rendre à Ollantaytambo à pieds. Il est apparemment possible de longer la voie de chemin de fer, et il y en aurait pour 7h de marche (pour un Péruvien, donc compter plus pour nous!). On se dit "allez pourquoi pas", et on commence à se mettre en route; il est 5h30. Mais on croise un homme qui ajoute qu'à un moment donné il faut passer par un tunnel de 300m de long. Donc, quand le train arrive, deux possibilités: courir très vite pour en sortir, ou se coller au mur, "ça passe". Hummmm Au final, on va ptêtre prendre la route de l'avant-veille, c'est plus sûr, pas envie de mourir broyée dans un tunnel au Pérou... :-S
        Il est 6h et nous reprenons la route dans l'autre sens.
Première étape, la vieille gare d'Aguas Calientes, par là même où nous étions arrivés il y a deux jours, sauf que cette fois on la découvre de jour.


      Finalement, on décide de voir le bon côté des choses, ça va faire une bonne balade, et cette fois on verra le paysage! Les photos suivantes ont été prises au tout début de notre trajet et sur la dernière on peut voir le Machu Picchu puisque notre chemin, en fait, contourne cette montagne.




     Comment avons-nous pu louper un tel paysage à l'aller, plongés dans l'obscurité?! Nous sommes bien contents de refaire ce trajet!!
Par contre, je ne sais pas si ce sont les feuilles de coca machées le matin-même ou bien la fatigue (ou bien les 2!) mais il se produisait un étrange effet d'optique: il me semblait que les montagnes du fond s'éloignaient à l'infini, un peu en battement de coeur. Un peu difficile à expliquer mais très étrange phénomène...

      De jour, ce qui est pratique, c'est qu'on voit mieux les trous, pas besoin de crier "Trou!". :-P


       Par contre, on tombe sur des problèmes auxquels on aurait pas pensé. Bon Dieu! Mais par où sommes-nous arrivés de nuit??!! C'est qu'on pensait qu'il n'y avait qu'une voie!!  Après déductions et concertation, on s'est même pas plantés de route!! :-)


       Quand on marche sur une voie de chemin de fer, il faut aussi faire attention aux trains qui passent!! Bon ça allait, on en a vu qu'un et il n'était pas non plus super rapide... l'autre fameux train, 8$ pour 20 minutes.


       On arrivera à la station hydroélectrique à 8h30, soit après 2h30 de marche pendant laquelle Olive a pris en photo toutes les fleurs de la région. :-) Au loin il y a un camion... qui s'en va...!! On court mais il a trop d'avance et file. Mince, on se retrouve sans véhicule pour Santa Teresa. Un gardien de pont nous fait signe de nous reposer, d'autres véhicules passeront bientôt. Mouais... on attend 45 minutes avant qu'un autre gros camion ne passe et qui heureusement accepte de nous prendre.
      Super bonne expérience ce camion! Il y a avec nous trois Péruviennes et un petit garçon. On s'accroche, c'est parti, décollage!!! La route est défoncée et je décolle régulièrement de 20 bons centimètres; les Péruviennes, elles, ne bougent pas d'un poil, et n'ont même pas l'air de se tenir bien fort, il y a quelque chose qui m'échappe...


     En tout cas, une demie-heure dans ce camion, ça m'a refait les biceps et les abdos!! Sur le chemin, on a croisé un pont suspendu comme on les imagine dans les meilleurs romans d'aventures.


     Nous arrivons sains et saufs à Santa Teresa où une envie de sandwich à l'oeuf me prend. Dans le resto désert, un calendrier péruvien avec une Péruvienne comme on en voit jamais dans les rues  :-P   :



       Puis il a fallut attendre plus d'une heure le départ d'une combi pour Santa Maria. La combi étant loin d'être pleine, le chauffeur a fait 100 fois le tour du bled en klaxonnant, espérant ainsi récolter quelques passagers supplémentaires, en vain, mais on part quand même. Cela fait seulement quelques minutes que nous sommes sortis de la ville, que le premier problème survient, et de taille!! La route en face de nous semble absente. Nous sommes en montagne et on dirait qu'un éboulement a emporté la route avec lui. Un passager descend pour aller voir ça de plus près. Après quelques hésitations, il fait quand même signe au chauffeur d'y aller, mais avec précaution. Car la route est toujours présente mais recouverte sur sa plus grande partie de caillasse. On crie au chauffeur de pas déconner et de s'arrêter - des cailloux continuent de dévaler la pente!!! - mais il ne nous écoute pas et fonce droit devant! On retient notre souffle.... et on passe... Faut pas qu'il nous refasse des coups comme celui-là!!

      Arrivés à Santa Maria, nouvelle attente car le bus ne passe qu'à 14h30. Ce village est un vrai bled paumé dans la jungle. Ici, quand quelqu'un reçoit un appel téléphonique, tout le village est au courant: le haut-parleur crie "Maria! Tu as un appel!" et on voit Maria cavaler jusqu'à la tienda qui détient le téléphone! ;-)


     Enfin dans le bus! Direction Ollantaytambo,où on dormira ce soir Inch'Allah.


      Après une heure de route, on s'arrête. Toujours cette route fermée toute la journée. Il faudra attendre 17h30 environ pour repartir. Pas évident de s'y retrouver dans toutes ces ouvertures et fermetures!!


      Bref, cette route vertigineuse qu'on s'était promis de ne jamais faire de nuit, voilà qu'on va se la faire majoritairement de nuit... Olive dort comme un bébé, moi j'ai les yeux grands ouverts, "tel un Hibou". :-P Le bus tangue sérieusement par moment, surtout dans le passage sur l'affalement de terrain.
      Arrivés à Ollantaytambo, aucune annonce et le bus trace sa route!! On tape en cabine mais ce qu'ils nous répondent n'est pas clair. On est obligés d'insister pour qu'enfin ils s'arrêtent. On n'a plus qu'à rebrousser chemin à pieds pour revenir en ville.
        20h30. On reprend une chambre dans l'hôtel où nous attendent nos affaires. Puis direction le bon resto de la dernière fois où on reprend le plat qui nous a tant plu: l'épais steak de boeuf de 300gr, saignant, avec sa sauce au bleu... cette vision de paradis m'avait fait avancer toute cette journée et c'est avec délice que je fond dans l'assiette (d'autant plus que c'est notre premier vrai repas de la journée... abonnés au repas unique certains jours...!). Et c'est avec encore plus de bonheur que j'ai trouvé un bon lit... :-)

Publié dans voyages Pérou

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